Un Champion qui ne se repose pas sur ses lauriers

Un Champion qui ne se repose pas sur ses lauriers

Le talent de Jean-Thomas Schneider est aussi fin que sa modestie est grande. Sa plus grande qualité : toujours savoir se remettre en cause pour affronter de nouveaux défis…

Pour commencer, parlez-nous de vos origines et de vos inspirations pour devenir chef pâtissier.

Je suis né à Strasbourg en Alsace, une région bien gourmande. Mon père, chef de cuisine, m’a transmis le goût des bonnes tablées familiales et des spécialités régionales. J’ai également des souvenirs d’enfance où j’allais au salon de thé avec ma mère prendre un chocolat chaud avec des bonnes viennoiseries.


Sur votre site Jean-Thomas.com, vous parlez de votre parcours pour devenir Champion du Monde de Pâtisserie. On apprend que vous avez travaillé pendant six ans dans des grands restaurants trois étoiles et des hôtels cinq étoiles tels L’Arnsbourg, L’Espérance, Le Relais Bernard Loiseau, l’Hôtel George V, l’Hôtel Meurice… Pouvez-vous nous parler de quelques-unes de ces expériences, mais aussi des hommes qui vous ont formé, inspiré et aidé pendant cette période ?

Chacune de ces maisons a sa philosophie de travail, son mode de transmission et sa pensée. J’ai eu la chance de travailler avec de grands chefs pâtissiers et de grands cuisiniers. Le restaurant trois étoiles de Bernard Loiseau en Bourgogne a été pour moi un passage important. J’ai découvert une pâtisserie de haut niveau, très technique, très complexe. C'est là que j’ai fait la connaissance de Benoît Charvet, qui allait influencer toute ma vie ! L’audace et la créativité de Benoît m’ont donné envie de me dépasser. A présent, Benoît et moi sommes à nouveau réunis au sein de l’équipe de France, soutenue par Les vergers Boiron, de la Coupe du Monde de la Glacerie 2018, avec Christophe Domange et Rémi Montagne.


Quel était l’événement déclencheur qui a fait décoller votre ascension ? Le Café Pouchkine était un moment clé, n’est-ce pas ?

La Café Pouchkine a été mon retour en boutique après plusieurs années en restauration. J’ai toujours voulu connaître les différentes facettes du métier et être polyvalent. Sur place, l’ancien chef pâtissier du groupe, Emmanuel Ryon, qui est MOF Glacier et Champion du Monde de Pâtisserie, m’a énormément appris. La suite s’est faite naturellement…


Racontez-nous vos Championnats du Monde (glace en 2012 et pâtisserie en 2017) et votre expérience MOF.

Il y a trop d’histoires à raconter ! En 2012, je m’occupais d’une partie des dégustations. Pour le MOF Glacier en 2015, j’ai accédé à la finale. Je n’avais pas le niveau pour décrocher le titre, mais j’ai beaucoup appris et évolué grâce à ce concours. J’ai tout repris à zéro, je me suis remis en question, avec un vrai travail d’introspection. En 2017, pour la Coupe du Monde de Pâtisserie, j’étais le glacier (entremet glacé et sculpture sur glace) de l’équipe de France. En définitif, ce sont toujours les expériences et les rencontres qui m’ont fait évoluer.


Avez-vous un dessert emblématique de votre travail, une signature en quelque sorte ?

Non, car je me lasse vite quand c’est répétitif. Je ne veux pas me cacher derrière un dessert ou une compétence artistique que je refais à chaque occasion. J’aurais l’impression de vivre d’une rente… J’aime la nouveauté, curieux des évolutions dans notre métier et sensible aux demandes et problématiques du monde de l’alimentaire.


Quelle est votre activité principale actuellement et quelles sont vos ambitions pour le proche et moyen terme ?

J’ai ma société de formation, de démonstration et de conseil (Jean-Thomas.com), tout en étant chef pâtissier ambassadeur pour la société Louis François. Je prépare la Coupe du Monde de Glacerie (SIGEP 2018) et je suis inscrit au MOF Glacier.

ndlr: A l’heure où nous avons interviewé Jean-Thomas Schneider, il n’avait pas encore remporté, avec ses équipiers Benoît Charvet, Christophe Domange et- Rémi Montagne, le titre de Champion du monde de la glace le 23 janvier 2018 à Rimini lors du salon Sigep.
En tant que partenaire de cette talentueuse équipe de France, nous sommes extrêmement fiers de leur victoire ! Lire l'article ici.